AlainH

 

 

 

 

C A R N A V A L


... faire les fous ... se mettre, pour un temps dans le corps d'un autre
...devenir gentil… ou méchant … jouer au gendarme… ou au voleur
... prendre la place du maître … ... danser, danser encore, danser toujours
... chanter, rire et se moquer … et surtout, se déguiser !

Dépendant de Pâques, dont la date varie en fonction du cycle de la lune, le jour du Mardi Gras, en cette année 2006, est fixé au 28 février – Nous sommes donc entrés dans la période de Carnaval . En effet, selon le calendrier religieux, celui-ci débute le 6 janvier, jour de l'Épiphanie pour s'achever le Mercredi des Cendres.

Le Carnaval existe depuis plus de 2000 ans - il est né en Europe mais il a franchi les mers, sans doute dans les bagages des navigateurs portugais, espagnols, hollandais et français, pour se perpétuer dans le monde entier.

Au Moyen Age déjà, les pauvres prenaient la place des riches, les adultes se déguisaient en enfants. S'il a évolué au cours des siècles, c'est une constante de Carnaval que d'inverser les rôles et les statuts sociaux et de prendre la place d'un autre au travers d'un déguisement. Période de réjouissance, c'est le monde à l'envers, celui de l'extravagance et des folies. L'hypocrisie qui régit quelquefois les rapports sociaux, laisse la place, pour un temps, à la satire et à la moquerie.

Au XVIème siècle, on adopte le port du masque et les divertissements de rue – au XVIIIème siècle, la fête est à son apogée. Sous Bonaparte, c'est l'interdiction, bien vite levée par les Autrichiens. Symbolisé par un mannequin, personnage grotesque et bedonnant, Carnaval est aussi un bouc émissaire, que l'on accuse de tous les péchés et de tous les excès commis pendant les festivités - il est jugé, condamné, supplicié et, selon les coutumes locales, brûlé, noyé ou pendu.

BEIGNETS DE CARNAVAL – Avant que la longue période de privations ne commence le Mercredi des Cendres, la coutume voulait que l'on tue la veille, le "Boeuf gras", dernière viande permise avant le jeûne prolongé du Carême. C'est le Mardi Gras – Et comme le "gras" non plus n'était pas consommé pendant le Carême, les gens avaient pris l'habitude d'utiliser ce qui leur restait de graisse pour confectionner des beignets. D'où les beignets de Carnaval !

Etymologiquement, le mot Carnaval est issu de l'italien carneleva, qui signifie "enlève chair", la période suivant le Mardi Gras étant une période de jeûne. Celle-ci dure 40 jours avant Pâques pendant laquelle on ne peut consommer ni graisse ni viande. Autant dire que ce dernier mardi avant le Carême est un jour universellement fêté.

Et des carnavals, il y en a ! Les plus célèbres sont celui de Nice en France, Rio au Brésil, Venise en Italie, Lucerne ou Bâle en Suisse. Chacun a sa spécificité et si les plus connus se préparent très longtemps à l'avance et bénéficient parfois de budgets colossaux, chaque pays, chaque région, voire chaque ville, cultive SA tradition du Carnaval , les Comités d'Organisation rivalisant d'initiatives et d'imagination.

Si le masque est l'attribut essentiel de la fête carnavalesque (selon l'endroit, il sera plutôt caricatural, comme en Suisse ou somptueux, comme à Venise), les défilés de chars en carton-pâte, œuvres d'artistes de talents, les bals, les batailles de confettis, les chars richement décorés ou autres danses et batailles de fleurs, participent à créer cette atmosphère si particulière qui fait de Carnaval une manifestation de plus en plus diversifiée, riche culturellement et bien sûr, éphémère!
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LE CARNAVAL DE NICE – Riche d'un passé et d'un patrimoine exceptionnel, le Carnaval de Nice a été le plus grand carnaval du monde à la Belle Époque. Ses "corsi carnavalesques" ont influencé et parfois servi de modèle aux Carnavals de Rio, de Viareggio ou de la Nouvelle-Orléans. Il est en France celui qui est le plus connu avec ses chars fleuris, ses grosses têtes réalisées par des carnavaliers de grand talent, ses illuminations ou sa célèbre bataille de fleurs.
Au Moyen Age, le Carnaval était animé par des bals masqués et des défilés. A la fin du XIIIème siècle, les chars ont fait leur apparition. Les Niçois déguisés dansaient dans les rues, se lançaient des confettis, ou, moins drôle, de la farine et des oeufs ! Au XVIIIème siècle, la noblesse et la bourgeoisie organisent des bals somptueux tandis que des repas populaires ont lieu à la campagne. Les bals étaient rangés en "catégories" – pour pouvoir passer d'un bal à l'autre, il fallait être masqué et "déguisé en conséquence" sinon, force était de rester dans le bal correspondant à votre classe sociale! Un grand Carnaval fut célébré en 1822 en l'honneur de Victor Emmanuel ler, souverain du comté. Au cours des années 1860-1870, les têtes couronnées figurent sur les listes des résidents étrangers : familles russes, belges, anglaises, le roi de Bavière, Louis 1er participent aux fêtes mondaines. Depuis, le Carnaval de Nice s'est heureusement démocratisé. Enrichi par de nouvelles musiques, de nouvelles danses et de nouveaux costumes, il connaît chaque année un franc succès. Les illuminations pendant la période du Carnaval sont particulièrement belles et uniques. La Place Masséna est transformée en décor féerique - magnifique travail, que vient compléter le grand corso des chars et grosses têtes en carton-pâte.
Les batailles de fleurs, organisées pendant le Carnaval de Nice, sont devenues des fêtes réputées de la Côte d'Azur. Les premières sont organisées en 1830, en l'honneur du roi Charles-Félix en visite à Nice et en 1876, elles ont lieu, pour la première fois, sur la Promenade des Anglais. Ornés de milliers de pétales de roses, glaïeuls, oeillets, liliums, mimosas, dalhias, et autres fleurs fraîches, des véhicules géants (6 m de hauteur sur 7 de long) sont préparés dans la nuit et la matinée précédant chaque défilé, durant lequel, les participants en costume, lancent aux spectateurs des poignées de fleurs. En 1874, le carnavalier Jean Cuggia, auteur du char de "la Paix", épuisa une seule journée de corso, près de 15 000 bouquets de fleurs !
Le métier de carnavalier – Etre carnavalier signifie participer à un concours organisé par le Comité des Fêtes de la Ville de Nice, pendant le Carnaval, à l'issue duquel, on distribue des prix en espèces. Corporation de 150 membres environ, jalouse de ses prérogatives, les carnavaliers se sont regroupés. La confection de "grosses têtes" et sujets ou chars en carton-pâte, repose sur leur savoir-faire. Ce ne sont pas des professionnels, ils consacrent durant leurs loisirs, des milliers d'heures de travail pour le corso carnavalesque. La subvention allouée par le Comité des Fêtes à l'issue du concours, leur permet de couvrir les frais engagés pour la réalisation de leurs œuvres. Le thème du Carnaval est connu dès le printemps précédant. Les carnavaliers caricaturent dans un style grotesque, aussi bien les scènes de la vie niçoise, que les évènements internationaux, nous apportant ainsi un témoignage de la vie de nos contemporains à travers leur vision humoristique. – Photo "Ville de Nice/Office du Tourisme et des Congrès de Nice –

  

LE CARNAVAL DE RIOEntrudo, du latin introitus, qui signifie "entrée" pour marquer l'entrée dans le Carême – A Rio, le Carnaval débute dans les rues de la ville avec les bals pré carnavalesque, quelquefois plus de trois semaines avant le début officiel des festivités. Les bandas et les blocos, groupes de percussionnistes, défilent, accompagnés de personnes costumées. Des bals populaires sont organisés, ouverts à tous dans des lieux traditionnels de la ville. – Vient ensuite la remise officielle d'une clé géante de la ville par le maire au "roi Momo". Le lendemain, a lieu au Sambodrome – énorme stade conçu tout exprès – un grand défilé de plus de 50 écoles de samba. Les écoles des deux meilleurs groupes défilent dans le Sambodrome; les autres défilent dans les rues de la ville. La samba fait partie intégrante du Carnaval de Rio. Les écoles se sont multipliées et leurs chorégraphies, riches et diversifiées, donnent un éclat tout particulier à la fête. Situées, pour la plupart dans les favelas, ces écoles sont un motif de fierté pour les habitants.
Le spectacle commence par les écoles les moins importantes, suivies par les plus célèbres. De 19 heures à l'aube, comprenant jusqu'à trois mille danseurs et une bonne vingtaine de chars, elles se produisent, durant 90mn et selon un thème libre, devant un jury qui note leur prestation et nomme l'école championne de l'année. De l'histoire de l'humanité à la vision du futur, le thème choisi sert de fil conducteur au défilé. Les défilés ainsi que l'annonce des résultats, sont retransmis en direct à la télévision.
Le Carnaval Brésilien est un héritage colonial, importé par les Portugais. Les esclaves, qui pendant trois jours étaient libres et égaux, participaient à la fête, se bombardant de farine, se maquillant et se déguisant avec les perruques et les vêtements de leurs maîtres.... En 1940, sous l'influence italienne, l'apparition des bals masqués donne au Carnaval un autre visage. Fanfares, confettis et serpentins s'ajoutent à la fête. Les danses traditionnelles animent les rues, colorées par les costumes folkloriques, les plumes et les paillettes... Des milliers de danseurs de Samba, de Mambo et autres danses endiablées défilent, accompagnés par des joueurs de congas. Le Carnaval de Rio, auquel participent des personnalités et des célébrités venues du monde entier, est aujourd'hui réputé comme le plus grand et le plus extravagant. Cependant, dans les 27 capitales des Etats du Brésil, ce sont autant de fêtes différentes, où l'essentiel est de danser et s'amuser, le tout, au rythme de la Samba, bien évidemment.

  

LE CARNAVAL DE VENISEMaschera ti saluto ! – Masque, je te salue ! – Le premier doge à autoriser le carnaval fut Vitale Falier, en 1094, mais jusqu'en 1550, le Carnaval de Venise ne se distinguait guère des autres carnavals d'Italie et d'Europe. Ce n'est qu'au milieu du XVIème siècle que le port du masque se propage, en même temps que se développent les divertissements sur les places publiques. La fête bat son plein sur la Piazzetta et sur la Macchina (édifice surmonté d'un dôme) où se déroulent des jeux comme les pyramides humaines, les danses armées, le vol du Turc (un ouvrier de l'Arsenal exécute, le long d'une double corde, une descente vertigineuse du sommet du campanile jusqu'au bassin de St- Marc). Aujourd'hui encore, ce vol, indifféremment appelé "le vol de l'ange", "le vol du turc" ou "le vol de la colombe", reste un des moments forts du carnaval. Il a lieu à midi, place Saint-Marc.
Aux XVIIème et XVIIIème siècles, les masques et costumes se diversifient. Le masque permettait d'abolir les classes sociales. Les costumes, eux, atteignent un degré de raffinement et de splendeur équivalent à ceux des costumes de la Commedia dell'arte. Au Carnaval de Venise, on ne se déguise pas… on se costume ! – La magie est au rendez-vous - Venise tout entière se transforme en théâtre, accueillant les costumes les plus étranges, les plus somptueux et les fêtes les plus folles. Parade de gondoles sur le grand canal, défilé d'embarcations traditionnelles décorées, musique, théâtre, gastronomie, Venise est la ville de la séduction et du plaisir de vivre!
Quelques déguisements propres à Venise – La bauta : Le masque consiste en un petit morceau de soie, la bauta qui encadre le visage et descend jusqu'aux épaules, qu'il couvre de fines dentelles. Assorti d'un tricorne et d'un singulier masque blanc destiné à garantir l'anonymat de ceux qui le portent, il avance au-dessus de la mâchoire supérieure – La moretta : Masque porté par les femmes, ovale de velours noir complété de voile, voilette, et petit chapeau à large bord – Arlequin, valet malin qui aime bien manger et tombe souvent amoureux. Il porte l'habit à losanges bien connu – Pierrot, valet naïf à la figure enfarinée et au large vêtement blanc et Colombine, servante ou fille de pantalon, amoureuse de Pierrot ou Arlequin et vêtue de couleurs vives comme elle.

  

LE CARNAVAL DE LUCERNE – Le père Fritschi, un vieux monsieur, la Fritschene, sa femme, et l'enfant Fritschi, leur fils, sont les figures dominantes des festivités de Carnaval à Lucerne. Bonhomme de paille, symbolisant une corporation, le Fritschi est connu depuis le XVème siècle. Suivie d'un cortège, la famille Fritschi défile sur un char. Autrefois patriotiques ou historiques, les thèmes choisis sont aujourd'hui davantage satiriques. Le cortège des Fritschi est un des points culminants du Carnaval de Lucerne, l'autre élément essentiel étant les Guuggemuusige. Ces cliques, fondées vers 1950, grimées ou masquées, jouent avec cuivres et percussions et parcourent les rues au gré de leur fantaisie, s'arrêtant et associant le public à leurs jeux.

savoir...
... en France, sous la Révolution, le Carnaval a été interdit et remplacé par une fête révolutionnaire … avec la conquête de Venise par Napoléon en 1797, le carnaval disparut pendant presque deux siècles. Ce n'est qu'en 1979 qu'il fut réinstauré … jusqu'en 1955 les confettis étaient en plâtre ! … Chagall, Picasso, Matisse, ou encore Moretti, Arman, César, Tobiasse, Martine Doytier, ont traité le thème du Carnaval, sous la forme d'affiches ou de lithographies … Le babau est un animal important dans la mythologie carnavalesque. Sa première apparition date de 1882, année de la création du char de S.M. Carnaval. Il s'agit d'un monstre, sorte de dragon, cracheur de feu souvent rouge ou vert

 

 

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